Avant de traverser le bras de la Kienké, cette rivière serpentine attachée à la mangrove et venant baver sa boue dans l'océan, là où les singes se querellent pour de gros bivalves éparpillés et qui n'ont pas eu le temps de s'enfouir avec la marée, avant donc de traverser la Kienké, disais-je, l'âne avait commencé à prédire que les mouches allaient l'agacer! Et effectivement, très rapidement même, ces têtes ailées vinrent se poser, une par une, puis par grappes entières sur le front bas de l'âne Rôdulfh, qui sans aucune retenue se mit à hennir, et à éructer de nombreuses injures plus variées les unes que les autees à l'adresse des dames volantes... La plus grosses de ces mouches vertes, une moscalicorneverde je crois, réagit alors à ces mots durs en le pinçant à l'arrière train, peut-être bien même là où les parties pendent un peu pour un âne de cet âge; et voiâ donc que Rôdulfh s'énerve un peu plus et que ses mots se coincent dans sa gorge, et qu'il s'étouffe même! L'air ne parvient bientôt plus à ses poumons, et notre ami en pleure et devient finalement tout bleu! Le soleil tappant, lui caresse aussi un peu l'échine et le tapote sur les flancs lui conseillant tout de même au passage d'essayer de tousser afin de permettre à cet amas de mots mauvais de s'extraire pour retrouver sa respiration! Mais l'âne, têtu, vous le savez bien, préféra à ce moment là n'en faire qu'à sa tête et ne voulu pas tousser, préférant ravaler toute la cordée de mots accrochés qui lui grattait de plus en plus la trachée... L'affaire dura des heures, puis l'âne finit par poser genou à terre, son menton se décrocha brutalement our rejoindre la vase sur la rive gauche de la kienke, et il s'affaissa totalement. Une paire de mâchoires verte sortit à cet instant précis de l'eau et tira à elle cet ensemble de chair qui ne brillait plus par ses mots, et le dévora en dix minutes à peine... Rôdulfh ne flottait plus sur l'eau, il nageait dans l'estomac imperturbable de IR le caïman pirate.
publié par Jahkarka dans: lezzistouâres du Jahkarkarstan


