Comme chaque premier du mois, l'habitant du Jahkarkastan consacre quelques heures à la prière, rassemblant pour cela toutes les forces vives qu'il garde au plus profond de lui. Il se doit d'accompagner ses litanies par l'absorption d'un breuvage fermenté dont il tient l'ancestrale recette de griots nés dans la fameuse grotte des tritons. Cette boisson des dieux ouvre grand la porte aux âmes de tous les ancêtres qui peuvent alors se confondre durant quelques instants avec l'être priant.
Pas un mot de plus: l'eau vous parle!
Charmante Sophie, baignée de jolis clairs de lune, elle est terrible quand elle le regarde depuis ses grandes guiboles qui la hissent jusqu'aux abords de Cassiopée. Vraiment, Sophie est effilée et comme ces nuées d'étoiles fragiles qui déferlent les nuits d'été, pressée et pour cela rapide, Sophie court en permanence après tout et avant tout. Sophie transpire et l'autre, tout petit, planqué, là, derrière ce buisson chétif, il renifle et s'entortille dans ses narines, s'y prend à deux fois et n'ose pas lui dire, voilà! Et Sophie est déjà partie, il ne faut pas rire tout de même, elle court sans cesse après l'un puis après l'autre, mais le tout petit lui ne rit pas, il a omis de dire... de dire... quoi au fait?
L'angélique aussi aime la douce langue des baisers, et c'est pourquoi elle joue dans les fossés, c'est pourquoi elle s'agite et même danse à chaque détour des sentiers, comme un appel à l'aile qu'elle invite à venir s'enrouler tout autour de sa tige fruitée.
L'émeraude a percée le coeur paresseux de la valériane pour lui souffler-graver un baiser fleur.

