Papou des oiseaux,
sur les têtes paraplumées gesticulent les grands
affres de la folie.
Il y avait de la révolte sur ces regards noirs, même si la pluie lavait déjà les faces de tous ceux qui s’étaient mis à gronder, en un seul son : un POING .
En fracture sur mes lèvres
Accumule en splendeur
De grands tracés soleils...
En dehors de cette rue
Que pénètrent mes mains,
S'affale un flux de pierres
En cancer sur les eaux!
La rue des dépôts littéraires
S'affirme comme un rasoir
Sur une plaie ouverte
Piquante et maladroite...
Chaque vers saigne en pas
Sur les dalles verbales
De toutes ces langues réverbères
Qui jettent au jour leurs squelettes:
LE SQUELETTE en EAU;
Ce squelette en crachat buccal!
Un rond squelette en bave sur le monde.
Géoïde des sens!
Les yeux ouverts sur la cime en cascade de ton coeur,
Je bois des lacs de grandes fleurs,
Des ombelles plus colorées encore que le lys martagon
Qui livre son soleil sous de beaux sycomores.
Tes rivages que caressent les vagues bleues serties d'écume
Sont comme des fées musiciennes
Qui vous disent en silence
Que derrière la dure écorce
D'un grand bubinga à la chevelure d'or
Se trouve cet écrin qui renferme des mausolées plus beaux encore
Cet écrin qui protège ton coeur
Livre dans l'onde de l'eau
De petits pas fragiles
Que seul un ange peut suivre.
Cet écrin s'ouvre certains soirs
Et rappelle doucement,
Timidement,
Que la pierre qu'il renferme est une pierre aimante,
La plus belle des ancolies lunaires
Qui a su à jamais pénétrer mon coeur.
J'aime cette pierre couverte de pétales
J'aime cette pierre qui a le goût de ton âme
J'aime l'éclat sincère de ce coeur.
Ça ne se peut pas, nous dirait Descartes, si rien n’est fixe, la seconde prochaine, tout est déjà merveilleusement différent, non, la parole a déjà évoluée, changée… Alors fixons un concentré de paroles, et notons bien que l’exacte parole ne peut se fondre en ligne ! La photo prise, l’instant qui intéresse peut par le biais de l’écrit s’inscrire, faire trace et être re-vu (re-lu). L’écriture signe, l’écriture est signe. Quelqu’un est responsable de ce qui est écrit, « c’est çui qu’y l’dit qu’y est ! ». C’est vrai. L’écriture a ce caractère d’appartenir à « çui qui l’écrit qui y’est !». L’écriture est sienne, elle mérite date et nom. Cet oubli tue l’écrit, le dévalorise, le déshonore et lui ôte son parfum, (sa valeur). Alors respect sur l’accent, respect sur chaque couture qui lie les mots entre eux, qui les présente et met en scène ce qui est à dire à tous en vue d’un partage dont le moindre tiret est nécessaire à la compréhension de ce qui a voulu être dit, passé. Ne « tirons » pas sur l’ambulance !La personne qui écrit donne, c’est à prendre comme c’est donné, comme c’est écrit, et c’est à lire comme « çui qui l’a écrit… ». L’écriture a un point, d’humeur, d’honneur, sans finale ? Oui, car l’écriture est ouverte, elle attend le rebond de la balle, c’est ce fameux ressort, que l’on doit récupérer même quand elle va se perdre dans les bois… l’équipe est responsable de la balle( l’ensemble des écrits) et doit construire le jeu ensemble et donc répondre à la passe ( écrite) par une passe à l’autre, une acrobatie ( ré-écrite ou re-dite). L’écrit est là pour générer une suite, et la suite, c’est la vie, en cours, la vie qui court et coule dans les lignes ( non-vaines), sans défense, ouvertes à toutes les trajectoires de maux, car face à nous, éducateurs, ce sont bien les maux qui tapent par leurs cris, comme des poltergheist qui effraient, et demandent l’écrit, un traitement de la parole en quelque sorte, un certificat d’écoute. Aidons les mots à se dire, à s’écrire et gardons leur la circulation nécessaire à la vie, ne les engluons pas .
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