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Jeudi 19 Octobre 2006

C’est le ronron de mécaniques sans les ressorts, ces ressorts qui permettent d’exploser à la face du monde et de déverser le contenu de la boîte dans les champs ouverts de la vie. Une musique huilée, liquide, molle comme l’ennui. La permission de faire de la musique ! la vraie. Celle de l’air sans la parole en l’air, mais plutôt celle de l’air qui transpire sans limites sur les marges de la boîte, cet espace périphérique qui a tant à dire, sans plus errer, sur ce qu’est la musique qu’il aimerait entendre, et qui désire le crier FORT aux tenants de la boîte, ceux là même qui décident par avance du contenu sonore à déverser par paquets perforés sur le bord de cet instrument, un bord qui est déjà si bien encombré, de papiers et de mots qui ne sont pas les siens, que décidément il s’asphyxie et… s’emmerde !!! Le droit de le dire, c’est cette musique qui est à jouer, c’est cette musique qui restituerait la parole aux usagers de la boîte, car ce serait celle qu’ils décideraient de faire tourner d’un coup de manivelle, et non pas le morceau choisi d’un ailleurs pas toujours, que dis-je, très rarement partagé ! alors, cet écrit est un appel à changer de musiciens, du moins la façon dont le son est décidé et diffusé sur les ondes : la musique aliénante, une musique-parasite de l’être : l’anti-soin, l’anti-soi, le débordement de l’autre sur la personne fragile d’un être en demande d’aide, d’accompagnement. Ne nous trompons pas dans notre mission : nous ne sommes pas là pour imposer la musique, d’autres s’en chargent déjà si bien, mais pour composer ensemble une gamme, un solfège accessible aux personnes de la marge, et leur confier afin qu’elles puissent d’elles même s’en servir pour composer LEUR propre musique. Alors, stop aux charlatans de la rime, à ces « chorales » sans voix, je veux dire sans la voix du chanteur, il a la voix que le « chef » lui prête alors, la voix de l’autre, une capture vocale, un tunnel ; une traversée de soi par l’autre, dans l’obscurité de soi la plus totale. D’ailleurs, que chante-t-on ? Et pour qui ?

Jeudi 19 Octobre 2006

Mercredi 18 Octobre 2006

Selon moi nul ne peut retoucher l’écrit d’une personne sans son assentiment. Déplacer une virgule peut parfois faire basculer tout un texte sur un versant non voulu par son auteur ! Déformer un texte sans l’autorisation de son auteur, c’est lui manquer de respect. Aussi, je comprends assez bien les personnes qui ont des difficultés à adopter l’écrit parcequ’elles craignent justement d’être « modifiées » dans leurs propos, capturées , voire utilisées dans le sens que l’autre voudra bien donner alors au texte reçu. La peur d’écrire des choses, des idées, qui joueraient contre celui qui les a écrit. La peur de la manipulation est derrière la peur d’écrire. La crainte de la récupération, que l’autre se serve de son texte à des fins qui pourraient lui nuire. L’éduc a peur de cela, j’en suis convaincu. A l’entendre, il s’agit de cela. Mais cela reste une peur tant que rien n’est écrit ! et le climat s’en ressent, car rien n’est désamorcé et rien n’est écrit non plus… c ‘est dommage, car il est des personnes qui comptent justement sur les éducateurs pour écrire toutes ces choses qui les traversent eux et font parties de leur demande d’accompagnement, ces personnes comptent sur l’éducateur pour défendre leur projet, et pour cela l’éducateur devrait écrire courageusement sur les choix qu’il a fait en vue d’accompagner au mieux ces personnes vers leurs propres choix. L’éducateur ne devrait pas craindre d’être jugé car ce qu’il fait a été réfléchi et pensé comme ce qui dans une situation donnée se présentait alors comme le meilleur choix possible, du moins comme ce qu’il a perçu lui, avec son expérience et ses lectures, comme apparaissant comme le choix à faire. Il a juste à en répondre à l’institution, simplement, en vue de lui faire partager sa réflexion et son savoir faire. C’est une question de transmission ! L’écrit est ce qui transmet l’information à l’autre, une bonne fois pour toute, c’est ce qui empêche à l’information de se déformer, de s’égarer, de se volatiliser même parfois. L’écrit, c’est ce qui tue la rumeur parce que ce qui y est dit est signé et le « ON » n’y est plus. L’écrit pour cela est fiable, et c’est pourquoi l’éducateur a à rendre des comptes, c’est de son intérêt car il y gagnera en crédibilité auprès de tous.

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