Maintenant que le Gros Riton a saccagé le poulailler, et ceci de manière impromptue et très matinale, puisqu'il n'était pas trois heures sur le cadran de la comtoise du salon quand le Druide sursauta ayant entendu les pas étouffés sur la paille de l'enclos aux galinacées, maintenant donc le gros Riton peut s'enorgueillir d'un exploit de basse cour qu'il saura narrer avec moults gestes héroïques à son petit public admiratif de la toile. Bravo, petites gens, bravo pour votre grand courage, bravoure, oh! bravoure! le coq sait de quelle façon faire chanter la cour, et les ailes glissantes de la volaille effarouchée ne sont pas assez convaincantes pour freiner les ardeurs du Grotrègros Riton tralalamapoule.... Mais quel est ce récit décousu et sans sens qui nous fait basculer très vite dans du cancan bien france??? pas de sens, no sens, en faut-il d'ailleurs, toujours et par ailleurs? Et si oui, pourquoi pas non non plus?
En tout cas, Jahkar, lui, avait tout autre chemin en tête que d'aller festoyer d'une poule, fut-elle même poulette et très chouette, puisque ce matin là, alors que le Gros Riritonton Patapon s'en allait tout béat cueillir sa cocotte, à la même minute, Jahkar chaussait ses croquenots d'arpenteur et fourrait trois ou quatre capibaras dans son sac à dos, non pas pour les convertir au culte de l'herbe, mais bien pour s'en restaurer au cas où la fringale le prendrait dans l'ascension périlleuse qu'il s'apprêtait à entamer ( poil aux pieds!)... Sûr, oh! sûr, n'est-ce pas mon beââu Riton??? La Pointe Percée éjaculait déjà son sourire dans le ciel rien qu'à l'idée de recevoir les pas de ce fou de jahkarkasti dans l'épaisseur moelleuse de son manteau neigeux, cela la chatouillait de bas en haut, et ce téton tout blanc en la saison pointait d'autant le petit cône sommital qui lui servait de liaison avec le ciel, son amant givré et toujours très prompt et agité, querelleur avec tout visiteur, fut-il prince... Jahkar se heurtait donc à ce morceau de terre pentue et comptait bien aller lui mordre un peu le bout avant la tombée du jour, histoire de vérifier, une fois redescendu dans la vallée, si le beaujolais nouveau a bien, comme le grand-père Reghliz lui en a assuré avant son départ,le goût sucré de lait frrais et anisé... C'est vrai aussi que pour pèpère Reghliz c'est glouglou au yellow tous les jours et que cette petite tendance gourmande finit par fragiliser les palais, même les plus fins... mais z'enfaim, hein Riton, tout se boit ou se mange quand c'est bon, non? Voilà donc pourquoi Jahkar se tape une petite grimpe en ce jour inoubliable de novembre, un 17 je crois ( de bois ou de fer, nous verrons bien d'ailleurs ce qui l'attend au sommet de cette Pointe dite Percée.)... Et vive le vent, et vive les dents du coq qui vibre au son du clairon. Rit-on, rit-on???


